Les principes de la ventilation
La question de la ventilation des bâtiments n’est pas neuve. Les scientifiques s’y sont intéressé dès la fin du 19ième siècle avec l’apparition des logements ouvriers ou des premiers systèmes de chauffage collectif. Pour les logements individuels, cette question est venue au-devant de la scène à partir des années 80. En effet, depuis cette époque, les techniques de construction s’améliorent sans cesse et rendent les maisons de plus en plus étanches au point que les infiltrations naturelles y sont devenues insuffisantes. 
Oh grand paradoxe : renouveler l’air ou ne pas renouveler l’air, le célèbre dramaturge ‘J’expire’ se posait déjà la question. Tâchons tel l’expert boucher de trancher la situation. 

Pourquoi renouveler l’air d’une habitation ?

Le but est double : évacuer l’excès d’humidité et éliminer les polluants. L’humidité provient de l’homme et de ses activités. Savez-vous que notre corps produit 50 gramme de vapeur par heure lorsqu'il est au repos ? De la vapeur d’eau est également produite dans la cuisine ou la salle de bain. Les sources de polluants sont quant à elles multiples : métabolisme de l’homme ou des animaux, monoxyde de carbone produit par les appareils de chauffage, polluants divers émis par les matériaux de construction, radon provenant du sol, fumée de cigarette, odeurs de cuisson ou d’après digestion…
Pourquoi ne pas renouveler l’air d’une habitation ?

En hiver, chaque m3 d’air qui fuite d’une maison emporte avec lui de couteuses calories. En été, si l’occupant désire maintenir de la fraicheur, chaque m3 d’air qui s’infiltre dans une maison apporte des calories extérieures indésirables. Le non renouvellement de l’air limite la consommation d’énergie. Un autre phénomène moins connu est lié à la sensation de confort. Les mouvements d'air trop rapides au sein d’un local augmente les pertes d’énergie du corps humain par convection. C’est le fameux courant d’air qui vous fait frissonner. Et c’est très désagréable.
Quid de la ventilation ?

Une bonne ventilation résulte d’un savant équilibre entre le renouvellement et le non renouvellement de l’air afin de profiter des avantages des deux systèmes. Bref, avoir le beurre, l’argent du beurre et si possible le sourire de la crémière. En d’autre mot, la ventilation est le renouvellement d’air juste nécessaire aux locaux ou espaces d’un bâtiment par l’amenée d’air extérieur. Le juste nécessaire doit permettre de limiter les pertes d’énergie tout en évitant les excès d’humidité et de polluant.
Les grands principes de la ventilation

Le lecteur averti l’a compris : le but de la ventilation est de contrôler les mouvements de l’air dans l’habitation. 
 
Principe n°1 :  
Même sans intervention de l’homme, l’air se déplace grâce aux différences de pression qui existent entre les façades du bâtiment (façade au vent, façade sous le vent) et grâce à la différence de masse volumique de l’air en fonction de sa température (l’air chaud, plus léger, a tendance à monter). Le tirage d’une cheminée est d’ailleurs directement lié à ces deux phénomènes : le vent peut créer une dépression au sommet de la cheminée, la hauteur de la cheminée augmente la différence de masse volumique et le froid extérieur peut accroitre la différence de T°. Une chemine tire même lorsqu’aucun feu n’est allumé. 
 
Principe n°2 : 
Deux types de locaux sont distingués : 
• les locaux dits « secs » où aucune humidité massive ou odeur nauséabonde n’est produite (salle de séjour, chambres, salles d’étude ou de jeu…), 
• les locaux dits « humides » ou « puants » (toilette, salle de bain, cuisine, buanderie…). 
L’air neuf entre par les locaux secs, circule d’une pièce à l’autre et ressort vicié au niveau des locaux humides.  
 
Principe n°3 :  
Les dispositifs à prévoir sont : 
• une amenée d’air dans les espaces secs 
• une évacuation d’air au départ des espaces humides vers l’extérieur 
• des ouvertures de transfert direct au droit des portes intérieures et/ou des murs intérieurs entre les locaux secs et les locaux humides 

Les quatre types de ventilation

La question de la ventilation revêt d’une telle importance qu’elle est reprise dans les certificats de performance énergétique ou les audits énergétique. Les différents types de ventilation y sont classés en 4 catégories : 
 
Système A : Système basé sur des alimentations et évacuations naturelles 
 
Il s’agit ici de profiter au maximum des phénomènes naturels pour faire circuler l’air. Des amenées d’air (grilles et vasistas réglables) doivent être disposées en façade pour les locaux dits “secs” ; des ouvertures de transfert (détalonnage des portes ou grilles) permettent le passage de l’air vers les locaux dits “humides” d’où l’air est évacué grâce à des conduits verticaux débouchant en toiture. Aucun moteur n’est utilisé. La difficulté de ce système est de bien contrôler les débits d’air qui risquent d’être trop élevés en hiver et pas assez en été. Le choix des grilles et du débouché de toiture est essentiel. 
 
C’est un système dit « de ventilation naturelle ». 

Système B : Système avec amenée mécanique et évacuation naturelle 
 
L’air neuf est puisé à l’extérieur et poussé dans le bâtiment par un ventilateur. Le bâtiment est alors en surpression. L’air neuf peut être filtré et préchauffé en passant dans le sol par exemple. L’air sort par des débouchés naturels. 
 
C’est un système dit « de ventilation mécanique à simple flux ». 

Système C : Système avec amenée naturelle et évacuation mécanique.  
 
L’air neuf entre dans le bâtiment par des amenées d’air naturelles mais est extrait mécaniquement dans les locaux humides. Les débits d’air sont beaucoup mieux contrôlés mais cela implique l’utilisation d’un moteur. De nombreuses maisons sont équipées de ce système sans le savoir. Pensez par exemple au ventilateur qui se met en route lorsqu’une personne pénètre dans la salle de bain. 
 
C’est aussi un système dit « de ventilation mécanique à simple flux ». 

Système D : Système avec amenée mécanique et évacuation mécanique.  
 
Les amenées d’air et les extractions sont mécanisées. Le système le plus répandu consiste à avoir un ventilateur/extracteur centralisé d’où partent des tuyaux d’air vers les différents locaux de la maison. De plus, un échangeur de chaleur permet à l’air qui sort de réchauffer l’air qui entre. Ce système est couteux, encombrant mais très maitrisable et peu gourmand en énergie. 
 
C’est un système dit de « ventilation mécanique à double flux avec récupération de chaleur ».